Une histoire d’amour

Je poussais mon panier avec automatisme. Je ne savais pas que j’étais à quelques minutes près de rencontrer mon âme sœur. J’errais entre les fruits et légumes et la charcuterie.

 

C’est en allant retrouver ma mère que j’ai croisé ton regard. Ça m’a fait tout chaud en dedans. Comme si j’avais reçu une décharge de 14400 volts, rien de moins. Parce que j’avais passé tout droit, j’ai freiné le panier et je me suis retournée. T’étais toujours là, en train de me dévisager. Je t’ai souris puis je me suis approchée pour me présenter. Je fais jamais ça d’habitude. J’pense qu’on était dû pour se rencontrer.

 

T’sais des fois les étoiles s’alignent pis y’a des trucs bizarres qui se passent dans l’univers… Bien là, c’est chez IGA Mellon que la magie a opérée. Ça a cliqué entre nous. On s’est tourné autour comme dans un film romantique. On était quétaine au boute. J’avais de la difficulté à briser notre «eye contact». Je me suis approchée pour te toucher. Tu étais doux. J’ai frissonné.

 

Je suis certaine que le moment de notre rencontre tourne en boucle dans le bureau des superviseurs tellement c’était chargé d’émotion. Qu’ils aillent au diable… On ne peut pas comprendre ce qu’on n’a pas vécu.

 

On s’est observé quelques minutes, puis j’ai flanché.

 

T’es vraiment la plus belle barre de chocolat que j’ai vu de ma vie. Un délicieux amalgame de chocolat au lait et de chocolat blanc dans lequel on a introduit de grossiers morceaux de biscuits oréo. Ta haute teneur en beurre de cacao et la p’tite boucle sur ton emballage ont eu raison de moi. Je t’ai pris dans mes mains et à ce moment-là, notre destin était scellé : t’allais finir dans mon estomac après avoir délicatement fondu sur ma langue. On s’est choisi.

 

De retour à la maison, enflammé de passion, je t’ai retiré ton nœud papillon et je t’ai goûté. Je ne pouvais plus attendre. J’ai fermé les yeux et j’ai profité du moment. C’était divin. T’es meilleur que bien d’autre que j’ai goûté.

 

Comme tu m’as coûté 7,50$ plus taxes, je te déguste très lentement et je fais durer le plaisir. Mais pas trop par contre. Parce que contrairement aux humains, tu vieillis rapidement et bientôt tu ne goûteras malheureusement plus bon. On peut comparer le fil de ta vie à celle de Jack dans le film «Jack».

 

Je t’aime, chocolat mulâtre aux gros morceaux de biscuits oréo.

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