Ma relique

Tout le monde a eu une doudou, un toutou ou whatever quand il était jeune et qui leur apportait réconfort et bonheur. Si t’as pas eu ça, permet moi de penser que t’es peut-être un sociopathe dangereux.

Maintenant que le fait est établit, parlons de la durée de cet amour vers cet attachant objet. Pour certain, il s’en sont départi à un jeune âge, comme leur suce. Je regarde ma sœur par exemple, qui destroyait machinalement ses doudous et passait à la suivante sans aucune peine. Alors que pour d’autre, c’est un véritable défi de continuer à vivre leur histoire avec leur toutou/doudou dans la clandestinité. Fierté oblige.

Aujourd’hui, fuck la fierté. Je fais mon coming-out. Je dors encore avec mon toutou, Jeannot de son prénom, tous les soirs. En parlant avec une amie cette semaine on en est venu à parler de ces toutous là. Et elle m’a dit qu’à mon âge elle dormait encore avec le sien… J’tais comme Bingo! J’suis pas toute seule dans ma psychose. Elle me disait que peut importe si elle avait un chum, il se devait de la respecter la dedans! Alors voilà.

Jeannot c’tais un cool bonhomme. Un lapin presque aussi gros que moi à l’âge de 4 mois, en tissus frette et pas doux. Mes photos d’archives montrent que malgré ma face de beu de bébé, j’aimais cet être de toutes mes gencives. Mon attirance pour les oreilles était déjà très marquée. Comme quoi on change pas vraiment de 4 mois à 25 ans.

Aujourd’hui encore, j’ai un attachement hors de toute logique pour ce toutou. Alors que je me croyais incomprise par mes parents, mes amis, mon psy… mon toutou lui, y me comprenait. Vous comprenez… Y’en a qui parlent à Dieu, moi je parlais à Jeannot pis aux morts, mais ça c’est une autre histoire.

Voilà donc un top 10 des moments où mon toutou m’a été d’un plus grand support qu’un humain :

1 – Quand mon grand-père est mort. J’avais 3 ans à l’époque et je me souviens de tout ça. Soit j’ai une mémoire digne d’un être au Q.I. exceptionnel, soit ça m’a vraiment traumatisée. Mon relevé de note universitaire me fait cependant pencher pour la seconde option.

2 – Quand ma sœur est née. J’espère ne jamais avoir un enfant perturbé comme je l’ai été. Vouloir s’ouvrir les veines à 5 ans, on va se le dire, ça démontre un grand sentiment d’inconfort face à la vie. En tout cas, j’ai parlé gros à Jeannot dans ce temps là (pis au psy.) et j’ai finis par accepter ma condition de grande sœur.

3 – Tous les soirs où j’ai eu peur de dormir dans notre petit sous-sol. C’tais rare quand même, que j’avais peur, mais ça arrivait.

4 – À chacune de mes 28 gastros et 54 otites (God bless le sirop aux bananes).

5 – Quand je me faisais écoeurer par un gros garçon de la rue Hébert parce que mon manteau d’hiver était jaune pipi.

6 – Quand en 3e année du primaire je me suis questionnée sur la normalité ou pas de trouver mon professeur beau. On avait une quand même pas pire différence d’âge tsé. Mon psy aussi était beau. En tout cas.

7 – Quand j’ai eu mes premières règles – relations sexuelles. Tsé le moment où techniquement tu deviens une femme, mais que moi, ça, j’en ai parlé avec mon toutou bien avant d’en parler à mes parents.

8 – Quand ce fut le temps de me choisir une voie, une carrière, un objectif de vie. Toi Jeannot, tu me vois dans quoi sérieux?

9 – Quand ma grand-maman est décédée. Il a fait ce qu’il a pu le pauvre. Une peine d’enfant versus une peine d’adulte, c’est un peu différent.

10 – Tous les soirs où il s’aplati sous moi à l’heure du coucher, sans rien faire, sans rien dire. Il est juste là.

Donc voilà, je suis pas folle. Je crois simplement qu’il est important de s’attacher à quelques choses. De sortir le méchant quand c’est nécessaire. Y’en a qui écrive, y’en a qui chante, y’en a d’autre qui parlent à leur toutou et aux morts. Car dans ce temps là, on se le cachera pas, on parle clairement dans le vide. Des réponses, ils ne nous en donnent pas. Tu te parles à toi-même. Sans peur de jugement. Pis tu fais le point, comme une grande, toute seule, dans ton lit, avec Jeannot.

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